Les scientifiques et les détenteurs du savoir autochtone aident à bâtir des ponts de compréhension

Jessica Perritt, membre du personnel de la SGDN, avec l’aîné Fred Kelly, Bob Watts, l’aînée Diane Longboat et Monique Hobbs lors d’un atelier visant à tisser un lien entre la science occidentale et le savoir autochtone.

Les membres du Conseil des aînés et des jeunes de la SGDN ont ouvert l’atelier réunissant des scientifiques et des détenteurs du savoir autochtone.

Pour une deuxième année, la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN) a tenu un atelier pour réunir des scientifiques et des détenteurs du savoir autochtone.

 

Des aînés autochtones et des membres des collectivités des régions potentielles d’établissement, des conseillers de la SGDN, des spécialistes du savoir traditionnel, des dirigeants et du personnel de la SGDN, ainsi que des professeurs d’universités canadiennes et internationales ont assisté à l’atelier de deux jours à King City, en Ont.

 

« Pour cet atelier, nous avons décidé de nous concentrer sur la façon de combler l’écart qui existe entre les scientifiques occidentaux en ce qui concerne le savoir autochtone, a déclaré Bob Watts, vice-président des relations avec les Autochtones au sein de la SGDN. Nous voulons mettre en place les connaissances de base nécessaires pour examiner les idées de collaboration entourant le plan canadien de gestion du combustible nucléaire irradié. »

 

Les membres du Conseil des aînés et des jeunes de la SGDN ont ouvert l’atelier : L’aîné Fred Kelly a exécuté une cérémonie du calumet, Brandon Petahtegoose a poursuivi avec une chanson au tambour pour honorer le calumet et l’orientation qu’il apportera à la réunion, et l’aînée Billie Schibler a terminé avec des prières pour honorer les cours d’eau de la Terre mère.

 

Les séances qui ont suivi ont été à la fois immersives et participatives. Parmi les sujets abordés, mentionnons la compréhension de la vision du monde autochtone, les enseignements autochtones sur l’eau, le rôle de la Terre mère et le rôle d’intendance des femmes autochtones.

 

Lyndon J. Linklater, un détenteur du savoir traditionnel, a partagé un thé de muskeg (thé du Labrador), une plante médicinale autochtone. Pendant que le groupe sirotait leur thé en cercle, il racontait des histoires et partageait divers aspects de la vision du monde autochtone, des valeurs traditionnelles et des structures de parenté.

 

Décrivant les aînés comme « notre Google », M. Linklater a expliqué que les peuples autochtones demandent conseil auprès de la sagesse des aînés, et que le savoir est ancré dans une tradition orale. Il encourage le groupe à envisager de communiquer au sujet du projet d’une façon qui interpellera les peuples autochtones.

 

« Mon espoir est de créer un dialogue entre les scientifiques occidentaux et les aînés, aujourd’hui et à l’avenir », a déclaré M. Linklater.

 

Au cours d’une présentation sur la Terre mère, l’aînée Diane Longboat a présenté le concept de l’« âme de la science », qui comprend des lois naturelles comme le lien avec l’esprit pour guider, prendre seulement ce dont on a besoin de la terre et de l’eau et ne pas gaspiller de ressources. Elle souligne que le forage exploratoire de la SGDN est un exemple d’intégration de cette approche aux travaux scientifiques.

 

« Lors de ma visite au site du forage dans la région de Wabigoon Lake, j’ai vu l’attention et le respect qui ont été apportés à la terre et j’ai également vu que la SGDN a créé un espace sur la terre pour des offrandes et des cérémonies », a expliqué l’aînée Longboat.

 

Derek Wilson, ingénieur en chef et vice-président de la gestion des contrats à la SGDN, a confirmé l’importance d’intégrer le savoir autochtone. « Nous nous engageons ensemble sur une voie, et il est important de tenir compte des différentes visions du monde et de la façon dont les aspects du système de savoir autochtone peuvent éclairer notre projet à l’avenir. »

 

L’atelier aura un effet même après sa conclusion. Le participant à l’atelier, Jamie Noel, scientifique spécialisé dans la corrosion et professeur adjoint à l’Université Western Ontario, prévoit partager son apprentissage avec ses étudiants, qui pourraient éventuellement travailler sur le projet de la Gestion adaptative progressive ou d’autres grands projets d’infrastructure. « L’ouverture aux différents modes de savoir et l’approfondissement de notre compréhension profiteront à tous », a-t-il dit.