Lettre ouverte: Ensemble, nous pleurons les 215 et toutes les victimes des pensionnats

Chaque enfant compte

La SGDN aimerait exprimer notre choc, notre horreur et notre détresse suite à la découverte des corps de 215 enfants dans un ancien pensionnat près de Kamloops, en C.-B.

À tous les Canadiens et peuples autochtones, les employés de la SGDN, les sous-traitants et les collectivités avec lesquelles nous travaillons,


Je tiens à prendre un moment pour exprimer mon chagrin et ma tristesse concernant la découverte des corps de 215 enfants dans un ancien pensionnat près de Kamloops, en C.-B.


Cette nouvelle est bouleversante et nous rappelle brutalement l’ampleur des horreurs perpétrées par les pensionnats et les systèmes coloniaux qui les ont créés. Je suis profondément attristée et je présente mes plus profondes condoléances à toutes les familles des victimes des pensionnats et aux survivants qui se retrouvent de nouveau endeuillés aujourd’hui.


Que 215 jeunes vies aient été oubliées dans des tombes non marquées est choquant, mais nous ne devrions pas être étonnés par ce nombre effarant. Nous savons que des milliers d’autres enfants autochtones ne sont jamais rentrés chez eux après avoir fréquenté les pensionnats. Et nous ne pouvons pas non plus reléguer cet acte de génocide dans les annales de l’histoire. Le fait est que l’héritage des pensionnats est toujours présent parmi nous.


Le dernier pensionnat n’a fermé ses portes qu’en 1996, mais les effets de ce système perdurent encore aujourd’hui; les survivants sont parmi nous. Aujourd’hui, il y a plus d’enfants autochtones dans les institutions gouvernementales et les systèmes d’aide à l’enfance qu’il n’y en avait à l’apogée du système des pensionnats. Le mois dernier encore, nous avons porté des robes rouges pour souligner les injustices dont sont victimes les femmes et les filles autochtones. Il ne s’agit pas d’incidents isolés. Ce sont tous des symptômes des mêmes systèmes coloniaux qui ont cherché à effacer et à détruire les peuples, les cultures et les langues autochtones.


Des peuples, des cultures et des langues qui survivent aujourd’hui sont grâce à la résilience de ces communautés. En tant qu’organisation, nous nous sommes engagés à favoriser la réconciliation. Veiller à ce que tout notre personnel et nos sous-traitants reçoivent une formation de sensibilisation à la culture des Autochtones et sur la réconciliation est une façon pour notre organisation de renforcer notre capacité à faire mieux. Cet engagement signifie également que dans des moments comme celui-ci, nous ne détournerons jamais le regard. 


Au contraire, nous pleurons ensemble. Nous nous serrons tous les coudes.


Avec mes plus profondes condoléances et mes chaleureuses salutations,


Laurie Swami, présidente et chef de la direction de la Société de gestion des déchets nucléaires