Protéger l’eau est l’un des principes directeurs du travail de la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN).
Le dépôt géologique en profondeur pour le combustible nucléaire irradié du Canada sera aménagé dans le batholite de Revell, une formation rocheuse située dans le nord‑ouest de l’Ontario sur le territoire de la Wabigoon Lake Ojibway Nation, près du canton d’Ignace. Il sera situé à plus de 500 mètres sous terre. Pour connaître la quantité d’eau présente à cette profondeur, nous avons prélevé des échantillons d’eau à partir de nos six trous de forage d’un kilomètre de profondeur.
Alexander Blyth est hydrologue et gestionnaire de la recherche et du développement géoscientifiques à la SGDN. Il se consacre depuis plusieurs années à l’étude de l’eau présente au site du dépôt.
« Nous avons effectué environ 6000 mètres de forage, et nous n’avons pu recueillir des échantillons d’eau qu’à sept reprises. La plupart de ces échantillons ont été prélevés à moins de 150 mètres de la surface, et seuls deux d’entre eux ont été recueillis à une plus grande profondeur. Ces résultats montrent qu’il y a très peu d’eau présente dans la roche du site de Revell », a expliqué Blyth.
Il est important de connaître l’âge de l’eau présente en profondeur, car il est ainsi possible de déterminer combien de temps cette eau a été isolée de l’eau de surface. Ces données sont recueillies grâce à diverses méthodes, notamment la détection de tritium, une substance dont la présence indiquerait que l’eau avait été en contact avec la surface pendant les 70 dernières années. On utilise également des techniques permettant de déceler la présence d’eau il y a des milliers, voire des millions d’années, comme la datation au carbone 14 et les tests sur les gaz rares.
« Notre analyse préliminaire a montré que les échantillons d’eau prélevés à plus de 150 mètres de profondeur datent de plusieurs millions d’années, a expliqué Blyth. C’est donc dire que plusieurs millions d’années se sont écoulées depuis que cette eau a été en contact avec la surface, ce qui montre l’étanchéité de cette roche et l’isolement de l’eau qu’elle renferme. »
Le Bouclier canadien est reconnu comme l’une des régions les plus anciennes et les plus stables de la planète, et nos essais en cours ont confirmé la force et la densité de la roche du batholite de Revell. La qualité de la roche et l’absence avérée d’eau en profondeur ne sont que deux des nombreux facteurs favorables pour lesquels ce site est particulièrement propice au confinement et à l’isolement sûrs et à long terme du combustible nucléaire irradié du Canada dans un dépôt géologique en profondeur.
La SGDN comprend l’importance de l’eau et la nécessité de la protéger pour les générations à venir. La protection de l’eau est un engagement commun que nous partageons avec les Canadiens et les peuples autochtones et constitue l’un des principaux facteurs du processus d’examen fédéral.